Cusset :  » Dans le quartier, il y a quelqu’un qui zigouille les chats « 

La Montagne

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Muriel Gendre pleure encore son chat Plumeau, qui a eu moins de « chance » qu’Oscar, le chat battu marseillais dont la vidéo tourne en boucle sur les réseaux sociaux cette semaine.? - photo gaël baud Muriel Gendre pleure encore son chat Plumeau, qui a eu moins de « chance » qu’Oscar, le chat battu marseillais dont la vidéo tourne en boucle sur les réseaux sociaux cette semaine.? Tout le monde n’aime pas les animaux. C’est un fait. Mais dans un quartier de Cusset, la limite semble avoir été franchie. Empoisonnement, disparitions… Ici, les chats ne dorment plus sur leurs deux oreilles.

Plumeau avait six ans. Fauché dans la fleur de l’âge, mais pas par une voiture. Non, battu et empoisonné, le chat de la famille Gendre n’a pas survécu. « Ce qu’ils lui ont fait, c’est atroce », s’indigne son maître. Dans leur quartier, rue du Pothier, les matous ne sont apparemment pas les bienvenus.

« Quand on s’est installé, il y a cinq ans, d’anciens voisins qui ont déménagé depuis nous avaient mis en garde, affirme une riveraine. Ils nous avaient dit de faire attention à nos chats. » Cette famille en avait deux. Il y a trois ans, l’un d’eux est mort. L’origine du décès ? Inconnue. Le deuxième a également trépassé. « Celui-là, a priori, il s’est fait mordre par une vipère. Il y a un an, on a repris un chat, on verra bien… »

Empoisonné à la strychnineIl y a trois semaines environ, Plumeau et Arcos, les chats des Gendre, disparaissent. « Généralement, ils n’allaient pas bien loin, donc ça nous a inquiétés », témoigne Bruno. Au bout de trois jours, Plumeau est retrouvé chez les voisins d’en face. Agonisant. « Il a réussi à se traîner jusque chez eux. » Patrick, le voisin, confirme : « C’est mon amie qui l’a découvert. Plumeau venait souvent chez nous, c’était comme sa deuxième maison. Mais ce jour-là, il ne bougeait plus. Dans le quartier, il y a quelqu’un qui zigouille les chats, c’est sûr. C’est pas que de l’empoisonnement, c’est de la torture. » Alertés, les Gendre conduisent en urgence leur animal chez le vétérinaire. « Il avait une patte broyée, il était en sang. Le véto nous a fait un certificat pour maltraitance car, selon lui, notre chat avait été battu, il avait des ecchymoses comme s’il avait été tapé par quelque chose de dur. »

Le chat a droit à un traitement médical et la famille cussétoise rentre chez elle. Ils ne sont pas au bout de leurs surprises. « Il a hurlé toute la nuit, sa peau était rouge », poursuit Bruno. En fait, Plumeau est victime d’une hémorragie interne. Le lendemain, retour chez le vétérinaire. Mais Plumeau ne survivra pas. « Ils ont fait une autopsie et nous ont dit qu’il avait été empoisonné à la strychnine ». En regardant les photos de son défunt chat, Muriel Gendre ne peut empêcher ses larmes de couler. « Ce qu’ils lui ont fait, ce n’est pas humain. » Avec un sentiment d’amertume : « Plume-plume, c’était la mascotte du quartier, il jouait avec les enfants d’en face. Ce chat, il avait quinze jours quand je l’ai trouvé dans les bois. Ses maîtres l’avaient abandonné dans une boîte à chaussures. Il faisait confiance aux humains, il n’était pas méfiant », poursuit Bruno.

L’histoire ne s’arrête pas là. Leur deuxième chat, Arcos, n’a toujours pas donné signe de vie depuis plus de trois semaines. Il y a deux ans, ce dernier avait déjà frôlé la mort. « Il avait été agressé. Un soir, il est revenu avec la peau du ventre qui pendait. Il avait tous les organes qui étaient remontés, les artères éclatées. Les vétérinaires ont dû lui faire de la microchirurgie, il a eu 200 points de suture. Les gens qui font ça doivent être punis, on ne fait pas ça à un petit animal. »

« C’est pas humain, c’est de la torture »D’après d’autres témoignages, d’autres chats auraient disparu ces derniers temps. Les soupçons se portent sur un habitant du quartier. « Il nous a déjà menacés de tuer nos chats », explique la famille Gendre. Une autre voisine explique : « Il y a beaucoup de chats ici, qui viennent dans les jardins. Certains, ça les agace. On a déjà eu des remarques. Un jour, un voisin est venu mettre les crottes de notre chat devant notre porte parce qu’il avait fait ses besoins dans son potager. Je ne pense tout de même pas qu’il ait fait quelque chose à notre chat, je ne sais pas qui fait ça. »

Dans la rue d’à-côté, une adhérente de l’association Les Animaux dans la ville constate qu’il y a « beaucoup moins de chats » dans le quartier dernièrement. « Il y en a que ça dérange, les animaux… »

Les Gendre ont déposé plainte. Vengeance ? Jalousie ? Haine viscérale des chats ? Pour l’instant, le mystère des matous disparus reste entier.